3 Mois

De l’importance du sound design


«  Achète une musique stock, ça fera l’affaire »
 

Pour un motion designer, la phrase tombe, cinglante, telle une pluie glacée en plein hiver.

Quelques fois, le hasard fait que la musique de fond « passe bien » avec la vidéo réalisée ( en quelques jours de travail ). On se retrouve alors satisfait d’avoir limité la casse.
L’animation est bien faite, les couleurs sont belles, on a du rythme… néanmoins, ça sonne creux. De bonnes animations accompagnées d’une musique de fond, ça devrait suffire, non ?

 

Comme vous vous en doutez … pas vraiment !

 

En communication digitale, le motion design (graphisme animé) est aujourd’hui le médium le plus couramment utilisé pour transmettre une idée, un service. Premièrement car il permet de délivrer une quantité d’informations conséquente en peu de temps, contrairement à un article (je vous la fait court, promis). Deuxièmement, il est attractif et tend, selon le résultat, à émouvoir, surprendre, éveiller la sensibilité. Les animations graphiques peuvent alors devenir de véritables symphonies rythmiques visuelles, dignes d’entrer dans le panthéon du site Motion Café, la « Pause Café ».

 

Symphonies ?

 

À l’instar de la musique de film, le sound design est un médium qui se veut couplé à l’image dans le but d’accentuer son histoire. Et ce duo ne date pas d’hier en effet, « au temps du muet, un musicien improvisait au piano. Cela s'appelait "illustration de film". Le pianiste "créait", au fur et à mesure, de la musique. Il fallait que le mouvement, l'intensité, correspondît au rythme et à la puissance des images. […] On en vint alors à éditer des recueils de morceaux. […] Les titres de ces fragments portaient les noms suggestifs de "désert", "eau", tempête", "bataille", "fuite". Telle fut l'origine de la musique de film » (Le Rôle de la musique dans un film, Séquences N°14, 1958).

En plus de combler le « vide » produit par l’image sans son original (au temps du muet), la musique s’est imposée comme élément indispensable dans un film. Ainsi, de part sa place tout aussi importante que l’image, on peut dire que la musique est devenue le « deuxième film ». Il serait dommage de le traiter à la légère, non ?

Le sound design peut alors légitimement être considéré comme la « deuxième animation ». Le son alimentant l’image et inversement, on en vient à remettre la musique « conventionnelle » en question, amenant à des créations musicales spécifiques à l’image animée. En témoigne les projets ci-après des agences Buck et Gunner, qui regroupent tous les critères d’un film d’animation réussie. Dès lors, en observant une évolution de la musique elle-même, est-ce que cette dernière pourra à l’avenir se passer d’image ?

Barthelemy Delorge

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