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Les lectures d'été / #3 : Silicon Valley

Silicon Valley est avant tout une série comique. Mais c’est surtout une mise en scène parodique de la bulle technologico-financière qu’est la Silicon Valley. Avec ses nababs de l’industrie de la hightech, ses venture capitalists, et ses « wantrepreneurs » de tout poil, prêts à conquérir le monde (souvent hostile) qui les entoure.

 

La série se veut incisive, mais également réaliste. Difficile de juger si elle l’est ou non, mais elle sonne en tout cas juste. Le générique à lui seul résume une année d’actualités sur Tech Crunch. Les personnages s’inspirent de figures réelles : Richard, le personnage principal, fondateur de la start-up Pied Piper, est par exemple un « valley boy classique, qui a un peu de Jack Dorsey, de Mark Zuckerberg, de Bill Gates et de Steve Wozniak en lui » analyse Rex Sorgatz.

 

Mais au-delà du tableau dressé de cette Valley dont vous vous contrefichez peut-être, surtout vu depuis un hamac à Bali, la série est surtout drôle. Vraiment, drôle. Si la première saison cherchait son chemin entre série de potes et pastiche convenu de l’entreprise version gén Y - toboggan, sweat à capuche, bar à muesli - le ton s’est affirmé et affiné avec le temps. Les personnages gardent leurs blagues d’ados attardés, mais ils ont gagné en profondeur. La satire n’est plus gratuite mais apporte une forme de jugement sur l’absurdité d’un écosystème ancré dans le capitalisme et le matérialisme, et surtout très auto-centré. D’ailleurs, la série réussit quant à elle à sortir de l’humour ethno-centré qu’on lui pouvait reprocher à ses débuts, pour devenir plus ouverte et accessible au commun des mortels.

 

Prêt à partir en Californie ? Retrouvez les quatre premières saisons sur HBO Now.

 

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