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Et si un algorithme permettait de (vraiment) prévoir les intentions de vote ?

Ils se nomment Arthur Muller, Vincent Pons et Guillaume Liegey, ont la trentaine, et pensent avoir trouvé la clé pour sonder et surtout renverser l’opinion : le big data. En 2013, ayant terminé leurs études dans les prestigieuses universités d’Harvard et du MIT, ces trois amis ont fondé leur start-up. L’entreprise n’a cessé de se développer ; après avoir participé à la campagne de François Hollande en 2012, ils travaillent désormais pour l’Allemagne, l’Espagne, l’Italie et de grandes entreprises du CAC 40. Emmanuel Macron a d’ailleurs fait appel aux trois hommes pour développer sa campagne En Marche. Leur produit révolutionnaire ? Un logiciel de stratégie et d’organisation de campagnes électorales.

 

Derrière ce logiciel, ces amoureux de la politique rationnalisent le porte-à-porte. C’est après avoir observé de l’intérieur la campagne électorale d’Obama, qui a dépoussiéré cette technique, qu’ils élaborent leur produit. Plutôt que de frapper à l’aveugle à toutes les portes avec le même discours, un logiciel permet de savoir à qui s’adresser, où le faire, et avec quels arguments. Ce logiciel, c’est Cinquante + Un, et il est à la base du business model de la start-up, Liegey-Muller-Pons.

 

Concrètement, il s’agit de découper la France en 67 000 zones équivalentes aux bureaux de vote, d’analyser les diverses variables géographiques, sociologiques et politiques de ces zones, provenant de l’INSEE, et enfin, de les croiser avec les résultats des législatives depuis 2004 pour établir des prévisions de vote. « Hubert, 68 ans, habitant dans le 7ème arrondissement de Paris serait prêt à donner son bulletin à Emmanuel Macron, mais il risque de s’abstenir », voilà ce que permet d’obtenir ce procédé. « L’Abstentionniste », « Le Futur Électeur », chacun peut être étiqueté.

 

Mais ce n’est pas tout. Un partenariat avec Ipsos leur permet d’implémenter aussi les chiffres des sondages. Ceux-ci indiquent une tendance « chaude » sur les fluctuations de l’opinion en fonction de l’actualité qui permet de tempérer les données statistiques. Une fois cet état de l’opinion donné au niveau ultra-local, les militants prennent le relai pour réaliser un porte-à-porte adapté. Une campagne de communication peut également être lancée. Le domaine politique mais aussi celui de l’entreprise peuvent donc bénéficier de cette invention des analyses expertes de la start-up.

 

Comme le disait déjà Paul Lazarsfeld et Elihu Katz dans leur célèbre ouvrage Personal Influence, le vote est prédictif selon des variables sociologiques. Cette affirmation semble de plus en plus chahutée ; pourtant même si les sondages ont perdu en popularité, leur optimisation grâce à ce type d’algorithme leur redonne tout leur intérêt. C’est le croisement de données provenant de sources multiples qui permet d’affiner le résultat.

 

Et vous, feriez-vous appel à ce logiciel pour cibler votre communication d’entreprise ?

 

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